Le Syndicalisme




Travaillant à l'Université de Toulouse le Mirail comme personnel technique, je suis syndiqué à SUD-Education Midi-Pyrénées, dont voici les principes de base (rédigés en juin 1996) :


Le 2 mai 1996 s'est constitué le syndicat SUD Education Midi-Pyrénées, impulsé par d'anciens adhérents du SGEN-CFDT refusant le syndicalisme d'accompagnement de la CFDT au service d'un système économique libéral. Ont participé à cette constitution des non syndiqués désireux d'un nouveau type de syndicalisme. Leur but commun est de construire une organisation syndicale générale réunissant tous les personnels de l'Education notamment sur la transformation du système éducatif, la démocratisation de l'école, la lutte anti-hiérarchie... Elle devra aussi être capable d'organiser et de prendre en charge les revendications des plus défavorisés.

Les mouvements de grève de novembre et décembre 1995 et les immenses manifestations les accompagnant ont constitué le mouvement social le plus important depuis mai 68. Au delà de la défense de la protection sociale et des services publics, c'était une société inhumaine, soumise aux seules lois du marché, qui était dénoncée. Ce fut l'expression d'un énorme ras-le bol face à des années où "le fric-roi" proclamé par certains s'est conjugué avec licenciements, précarité et exclusion d'un nombre toujours plus grand d'individus. Participants de ce mouvement de révolte, nous décidons de créer un syndicat car nous voulons:





Défendre et Transformer le Service Public


Depuis plusieurs années, les attaques contre les entreprises nationalisées et le service public se multiplient avec pour corollaire la dérégulation, le démantèlement, voire la privatisation.
Libéraliser est devenu le maître mot sans tenir compte des conséquences sociales.

Ainsi, pour mémoire :
-> Les Télécom, dont le statut est en passe d'être supprimé.
-> La S.N.C.F., soumise à une logique de démantèlement au bénéfice des transports privés (dont routiers).
-> L'E.D.F.-G.D.F. assujetti au nucléaire et sur le point de créer une disparité dans les tarifs selon les régions.
-> La Poste qui, face à la concurrence des sociétés privées, va accentuer les inégalités d'acheminement (courrier à plusieurs vitesses).
-> Renault, Aérospatiale, Air France...
-> Les services des eaux dont chaque privatisation a entraîné une augmentation des prix.

De la même façon le service public d'éducation est touché. La privatisation des filières rentables, la main-mise sur les programmes, la baisse du recrutement des personnels, la dégradation de leurs conditions de travail (IATOSS-enseignants), la multiplication des emplois précaires (CES...) témoignent de ce démantèlement.

S.U.D. Education ne prétend pas détenir des solutions toutes faites ; peut-on toutefois accepter que des services primordiaux comme ceux de la santé, de l'éducation et de la culture, du logement, des transports et des communications obéissent à la loi de la concurrence de plus en plus acharnée sur le plan mondial ?

Les seules évolutions acceptables du service public sont celles qui sauront améliorer son fonctionnement et son efficacité, garantir sa pérennité au service des besoins fondamentaux des citoyens.

Dans l'Education Nationale, cela veut dire :
-> l'augmentation significative du budget,
-> un plan immédiat de titularisation des auxiliaires et contractuels,
-> la suppression du recours aux C.E.S., aux militaires du contingent effectuant un service civil,
-> la suppression des heures supplémentaires.





l'Emploi, la Question Centrale


Le travail dans notre société est caractérisé par l'aliénation et l'exploitation tant la logique du profit prévaut dans l'économie capitaliste.
Pour autant l'intégration sociale passe principalement par l'emploi, les exclus du travail devenant rapidement des exclus de tout et en particulier de droits fondamentaux comme le logement et l'accès aux soins.
Parallèlement, la précarisation s'amplifie avec le développement des C.D.D., C.E.S. , C.I.E. (qui sont loin d'être de véritables emplois), formules visant à abaisser le "coût" du travail et diminuer le nombre d'inscrits à l'A.N.P.E.
Cette logique du profit doit être combattue.
S.U.D Education revendique et lutte pour une réduction massive du temps de travail à 32 heures hebdomadaires, par une loi cadre, permettant la création d'emplois.
L'Education Nationale n'est pas épargnée par la précarisation :
-> contractuels des G.R.E.T.A. et les universités
-> recours massif aux C.E.S.
-> de plus en plus d'appelés du contingent dans les établissements scolaires y compris sur des postes d'enseignants !
Ajoutons les innombrables heures supplémentaires effectuées, les fermetures de postes et les classes surchargées et l'on voit bien que les créations d'emplois sont possibles et nécessaires.
Le développement de l'apprentissage complète le tableau ; le SMIC jeune (CIP), refusé par toute une jeunesse il y a deux ans, se met en place par d'autres voies. Cette volonté de soumettre les jeunes à un ordre marchand n'est pas acceptable. Ce sont de nouvelles "servitudes" provoquant une immense régression sociale contre lesquelles il nous faut lutter.
Travailler moins pour travailler tous et autrement, cela mérite que l'on se batte ensemble pour l'imposer. S.U.D. Education entend y contribuer.





Une Autre Ecole


Depuis plus de 20 ans, l'école s'est "démocratisée" dans le sens où elle scolarise en plus grand nombre et bien plus longtemps qu'auparavant. Mais, si les modalités d'exclusion du système éducatif se sont modifiées, il n'en est pas moins vrai que celui-ci continue à sélectionner les futures "élites", les cadres intermédiaires et à exclure un pourcentage d'élèves important. Il reste un moyen efficace de reproduction sociale !
L'enseignement s'est pourtant modifié. Il demande moins aux élèves de reproduire des modèles, d'avoir des connaissances encyclopédiques et fait appel à une conceptualisation plus grande qui suppose apprentissage et développement de compétences individuelles. L'absence de moyens pédagogiques et institutionnels conforte le maintien de pratiques traditionnelles qui ne sont efficaces que pour les futures "élites". Ainsi, les équipes pédagogiques, la concertation, la nécessaire formation des maîtres à la didactique, ne semblent essentielles que pour les "zones difficiles". Or, à l'exclusion des "ghettos de riches", délimités grâce aux dérogations à la carte scolaire, ce sont tous les établissements scolaires qui sont aujourd'hui "difficiles". Les difficultés des élèves, des étudiants et des enseignants peuvent s'exprimer de diverses façons : pour les premiers, elles vont de la passivité au refus de l'école, en passant par l'absentéisme voire le dégoût ; pour les seconds, c'est souvent le défaitisme et le désarroi, parfois le repli sur les méthodes pédagogiques des années 60 et de plus en plus le recours à la répression. Pour les formés comme pour les formateurs, tous ces comportements traduisent une perte de repères, de sens. Derrière le masque de la "démocratisation", le service public d'éducation reproduit une société dans laquelle les inégalités se creusent. Les moyens de la sélection sont complexes. Ils passent toujours par le choix du "bon établissement" (de centre ville de préférence), par le choix des "bonnes filières". Mais, désormais, c'est l'absence de moyens mis en oeuvre pour transformer en profondeur contenus et méthodes capables de former des individus qui fabrique surtout la sélection.
La nouveauté de la sélection c'est aussi qu'elle est différée dans le temps (après 16 ans ou 20 ans) et diversifiée (avec Bac pro, BTS, BEP, sans qualification...). Ainsi, à l'entrée en sixième, en seconde ou en faculté, on retrouve un pourcentage grandissant d'élèves étrangers au système éducatif. Ils n'en connaissent ni la langue, ni les moeurs. Et pour certains, l'exil peut durer longtemps.

Il faut tenter de changer le système éducatif dans son contenu et ses finalités.





Un Autre Métier


La multiplication des corps, dans les écoles, les collèges, les lycées et les universités, rend difficile la communication entre tous les personnels et, par conséquence, le travail en équipe. Il est urgent de réduire le nombre de ces corps.

Les pratiques professionnelles évoluent : concertation, formation continue, participation aux tâches générales d'éducation, d'orientation et d'administration.
Cette évolution doit se traduire par une prise en compte de ces activités dans les services hebdomadaires, ce qui implique une réduction du nombre d'heures devant les élèves.

La nécessité d'un travail de plus en plus collectif n'est pas compatible avec les formes actuelles de l'évaluation des personnels.
D'autres formes, que l'inspection individuelle notamment, doivent se mettre en place avec la participation des personnels eux-mêmes. De plus, du temps de concertation doit être dégagé pour travailler collectivement.
D'autre part la limitation des effectifs est nécessaire pour travailler autrement et lutter contre l'échec scolaire.
La démocratisation indispensable du fonctionnement des établissements scolaires nécessite le renforcement de la représentativité et des attributions des différents conseils.





Un Autre Syndicalisme


S.U.D. Education se situe clairement dans un syndicalisme démocratique de base.
Son fonctionnement interne s'appuie d'abord sur la souveraineté des A.G. d'adhérents. Ceci nécessite un investissement le plus large possible dans le fonctionnement du syndicat ainsi que des l'A.G. les plus représentatives possible.
Ce type de syndicalisme ne peut s'appuyer sur un noyau de militants spécialisés "ad vitam aeternam". C'est pourquoi:
-> une responsabilité ne peut être assumée que pour une durée limitée (à définir)
-> aucun militant ne peut bénéficier d'une décharge syndicale supérieure à 1/2 service.
Les militants représentant le syndicat dans les différentes instances, qu'elles soient syndicales ou administratives, ne peuvent le faire qu'en étant précisément mandatés. Ils sont responsables de leur mandat devant l'A.G. qui peut à tout moment les révoquer.
La priorité de la pratique syndicale est l'établissement professionnel. L'action syndicale doit être prise en charge par les personnels eux-mêmes sur leur lieu de travail. La défense individuelle est d'abord un problème collectif à gérer à la base.
S.U.D. Education conçoit sa présence dans les différentes instances paritaires comme un moyen d'information et de défense collective des personnels mais refuse de participer à la gestion de la pénurie.
La participation aux manifestations, les interventions auprès des divers niveaux de l'administration ne sont efficaces que si elles expriment les revendications déjà affirmées à la base.
Dans ce but S.U.D. Education recherchera l'unité d'action la plus large possible dans les établissements, dans le respect de ses orientations.
Le syndicat S.U.D. Education développera ses liens avec le milieu associatif afin de faire valoir des valeurs qu'il considère comme fondamentales :
-> défense des libertés publiques
-> défense des droits de l'homme
-> lutte contre les thèses de l'extrême droite et le retour de l'ordre moral
-> lutte pour l'égalité des femmes
-> refus des protocoles Armée/ Education
-> solidarité active avec les précaires, les chômeurs, les exclus.
Le développement de ces solidarités prend tout son sens dans la construction d'une interprofessionelle des syndicats S.U.D. dans laquelle s'engage S.U.D. Education.



L'Interprofessionnelle


SUD Education fait partie de

l'Union Syndicale Groupe des 10

Evidemment, je vous conseille d'aller faire un petit tour sur ce site !







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